FUKI et son sabre unique C6

La nouvelle école

Chapitre 6

 

Chap 6

Dès le lendemain, le prince convie Fuki et les villageois et ensemble, un plan est élaboré pour fléchir la décision du Shogun de conquérir un nouveau territoire.

- Notre empereur est puissant. Il veut étendre sa mainmise sur tout l’empire et le seul moyen, me semble-t-il, est de négocier notre liberté, en dévalorisant la qualité de nos terres, l’efficacité de notre population et en lui proposant de créer une école pour former les samouraïs selon notre concept. Nous lui exposerons la nécessité de l’art de défendre son empire, non pas par la force mais en le faisant vivre dans la paix et dans la richesse.

Alors le prince se prépare à accueillir son Empereur avec sérénité. Il fait dépêcher un samouraï pour avertir ses guerriers de sa décision et leur somme de cesser l’affrontement.

L’armée de l’Empereur surprise, continue néanmoins son avancée jusqu’au palais princier, en criant victoire et en demandant au prince soumission au Shogun.

Mais Fuki, revêtu de son armure et de son épée unique, intervient et demande :

- Au nom de mon prince que je sers loyalement, qu’on me conduise auprès du Shogun pour lui exposer la position de notre contrée et les avantages qu’il pourrait en tirer s’il considérait la situation sous un autre angle.

L’armée impériale reste cependant sur place et seuls cinq samouraïs conduisent Fuki, accompagné de Saki et de son frère, Akihito.

L’empereur, intrigué, accepte de recevoir Fuki et ses amis.

- Seigneur, accepte notre humble démarche. Vos guerriers ont investi notre région et c’est la raison de notre présence ici.

- Savez-vous, jeunes paysans, que vous devriez être aux ordres de mes samouraïs et leur obéir sans contestation. Mais je suis d’humeur joyeuse aujourd’hui et j’écoute les motifs de rébellion de votre prince, qui n’a pas daigné me rencontrer.

- Sire, nous nous sommes concertés avec le prince, au nom duquel je parle, pour vous soumettre les fruits de notre réflexion. Notre terre est pauvre et sans cesse ravagée par les attaques que nous subissons des guerriers. Mais notre peuple bien qu’il soit courageux, déterminé, n’a reçu aucune instruction. Il ne sait ni lire, ni écrire, ni compter, seulement travailler la terre. Ce n’est donc pas un grand bénéfice pour votre majesté de s’octroyer une contrée médiocre ?

-Ce n’est pas à toi d’en décider, rétorque l’Empereur d’un ton glacial.

- Majesté, permettez-moi d’insister sur le fait que mes amis et tous les jeunes gens de notre village avons cependant des qualités exceptionnelles dans l’art de combattre sans arme. Nous avons une école dans laquelle nous apprenons et enseignons à vaincre sans être vaincu.

-Explique-toi, Fuki. Es-tu en train de me dire que la formation de mes samouraïs est inefficace ? Un samouraï tient à son honneur plus qu'à toute autre chose, même parfois plus que sa vie.
-- Majesté, nous avons mis au point une technique qui consiste à acquérir une nouvelle manière de combattre et nous aimerions en faire profiter tous vos guerriers. Cette approche évite de tuer et nous voudrions vous proposer de faire de notre village une école exceptionnelle de lutte qui exclut toute férocité sur le champ de bataille.

- Nos guerriers font un serment sur un code extrêmement précis, tu dois bien le savoir, Fuki, toi qui es samouraï !

- Majesté, nous en avons rédigé un nouveau que nous aimerions soumettre à votre approbation.

- Ton audace m’impressionne et c’est ce qui me fait accepter d’en prendre connaissance. Laisse-moi le consulter.

Fuki et ses compagnons attendent le verdict. Leur vie et celle de leurs parents est entre les mains de l’Empereur.

L’attente est longue, angoissante, sinistre. Finalement, la porte de l’antichambre du Shogun s’ouvre, et ceux-ci sont invités à se présenter devant le souverain.

- Fuki, je reconnais en toi et en tes amis un caractère noble, généreux, digne d’un samouraï. J’accepte votre proposition de créer une école pour former des samouraïs à vos concepts. Je vous remets ce document revêtu de mon sceau et vous autorise à vivre librement sur votre territoire, sous l’autorité du prince héritier, qui cependant, restera sous la mienne.

Retrouvez votre village et préparez-vous à recevoir mes guerriers pour les initier à votre art : celui de combattre sans arme. Je demande dès maintenant à mon trésorier de vous remettre rapidement la somme nécessaire pour vous permettre de mettre en place cette école, et pour que votre village vive décemment. Je vous demanderai régulièrement de m’informer sur vos résultats. Partez, vous êtes libres !

Les trois jeunes gens reviennent, victorieux et fiers. Ils sont acclamés par leurs parents et le prince leur octroie une distinction, en remerciement de leur bravoure.

Fuki et Saki, ont appris à mieux se connaître et ont décidé d’unir leur existence pour mieux servir leur cause

Quant à l’épée de Fuki, Avenir, elle restera le symbole de leur école : celui de la vie.

 

 

Activité : 

Fuki a6