L'enfant et le vent C1

OU EST LE VENT

Vol d oies

Il y a très longtemps, dans un pays très très froid, vivaient des arbres. Ils étaient les seuls à résister au gel, à la neige, au vent glacé, qui duraient neuf mois dans l'année.

L'été existait seulement trois mois, mais ces arbres étaient puissants, si puissants qu'ils ne craignaient jamais les longs hivers.

Un été pourtant, le soleil se mit à brûler très fort, si fort que les arbres de ce pays avaient très chaud, beaucoup trop chaud. Certains parmi eux perdaient leurs épines, leur feuillage, et depuis 2 mois, aucun nuage dans le ciel. Pas de vent, pas de pluie, seulement de l'air chaud, et un soleil qui cuisait la terre, brûlait les arbres, faisait fuir les animaux, même dans le ciel.

Toute la nature avait soif !

Qui avait arrêté le souffle du vent ? Tout le village qui vivait dans cette contrée s'interrogeait et invoquait l'esprit du vent, l'esprit de la pluie pour éviter une catastrophe. Mais rien ne changeait. Le soleil continuait de brûler la terre avec ses rayons.

Les villageois, surtout les plus anciens, commençaient à mourir. Les enfants maigrissaient, les bébés ne survivaient pas.

Dans ce village vivaient un pêcheur et sa famille. Ils souffraient comme tous les habitants de ce village de la terrible chaleur, et sans eau, pas de rivière, sans rivière pas de poisson, sans poisson pas de pêche, et sans pêche, pas de nourriture pour lui et sa famille.

Ce pêcheur avait un fils qu'il aimait par-dessus tout. Un jour où la chaleur était encore plus forte qu'à l'accoutumée, son fils lui demande :

  • Père, pourquoi le vent ne vient-il plus nous visiter ? Est-il fâché contre nous ?

  • Non, lui répond son père, il est très occupé dans un autre pays, et il ne veut pas qu'on le dérange.

  • Père, est-ce que tu lui as bien expliqué qu'on allait tous mourir de faim et de soif s'il ne veut plus souffler sur notre pays ? Lui as-tu bien expliqué que sans lui les nuages ne traversent plus notre village, sans nuages la pluie ne peut pas arroser la terre, les arbres ?

  • Mon fils, le vent est roi sur notre terre. Il n'a pas le temps d'écouter nos prières.

  • Père, dit l'enfant, je vais aller le trouver et le supplier de revenir.

  • Mon fils, tu n'es qu'un enfant bien prétentieux.

  • Père, je suis un enfant, et je sais que le vent écoute les enfants. Je lui dirai combien il est important pour nous. Je lui dirai qu'on l'aime, qu'on aime sa compagnie, sa fraîcheur, qu'on aime tout ce qu'il nous donne quand il souffle.

  • Et comment vas-tu le trouver, le rejoindre ?

  • Je vais demander l'aide des oies sauvages. Elles sont intelligentes, elle volent très vite et elles pourront me transporter.

Et c'est ainsi que ROSHU part à la recherche du vent qui ne souffle plus.


 

Chanson : les oies sauvages, de Claire PELLETIER

 

 

Activité éducative : Mots croisés

Motscroises 2

Détente : les oies sauvages


Poème

Tout est muet, l’oiseau ne jette plus ses cris.

La morne plaine est blanche au loin sous le ciel gris.

Seuls, les grands corbeaux noirs, qui vont cherchant leurs proies,

Fouillent du bec la neige et tachent sa pâleur.

 

Voilà qu’à l’horizon s’élève une clameur ;

Elle approche, elle vient, c’est la tribu des oies.

Ainsi qu’un trait lancé, toutes, le cou tendu,

Allant toujours plus vite en leur vol éperdu,

Passent, fouettant le vent de leur aile sifflante.

 

Le guide qui conduit ces pèlerins des airs

Delà les océans, les bois et les déserts,

Comme pour exciter leur allure trop lente,

De moment en moment jette son cri perçant.


Comme un double ruban la caravane ondoie,

Bruit étrangement, et par le ciel déploie

Son grand triangle ailé qui va s’élargissant.

 

Mais leurs frères captifs répandus dans la plaine,

Engourdis par le froid, cheminent gravement.

Un enfant en haillons en sifflant les promène,

Comme de lourds vaisseaux balancés lentement.

Ils entendent le cri de la tribu qui passe,

Ils érigent leur tête ; et regardant s’enfuir

Les libres voyageurs au travers de l’espace,

Les captifs tout à coup se lèvent pour partir.

Ils agitent en vain leurs ailes impuissantes,

Et, dressés sur leurs pieds, sentent confusément,

À cet appel errant, se lever grandissantes

La liberté première au fond du cœur dormant,

La fièvre de l’espace et des tièdes rivages.

Dans les champs pleins de neige, ils courent effarés,

Et jetant par le ciel des cris désespérés

Ils répondront longtemps à leurs frères sauvages.

Guy de Maupassant

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