L'épopée de Jeanne d'Arc

Chapitre 1

Il était une fois une jeune fille qui vivait dans un beau village de France : Domrémy, en Lorraine.

Elle est déjà jeune fille, et comme toutes les jeunes filles qui vivent à la compagne, elle aide aux travaux de la maison, file la laine, coud avec habileté. Elle aide aussi son père aux travaux des champs, au labour, au hersage, aux récoltes, et de temps en temps, elle garde les troupeaux.

Un jour, vers l'âge de 13 ans, alors qu'elle n'avait pas encore déjeuné, elle se promène dans le jardin, vers midi. Soudain, sur le côté, elle entend quelqu'un qui lui parle. Elle a un peu peur, regarde et voit une grande lumière.

Maison j d arc

" Jeanne, Jeanne, il est nécessaire que tu ailles en France, mais n'en parle pas à ton père. " Dit la voix.

" Qui me parle ? "

" Jeanne, n'aie pas peur, tu entends ma voix, et je suis un ange. "

" Qui es-tu ? demande Jeanne.

" Je suis Saint-Michel, et je suis accompagné de plusieurs anges. " Répond l'ange.

" Mais je ne suis qu'une enfant. Et pourquoi faut-il que j'aille en France sans en parler à mon père ? " Demande Jeanne.

" Sainte Catherine et Sainte Marguerite, elles aussi, vont te visiter et te parler. Ecoute bien ce qu'elles vont te dire. " Dit l'archange Saint-Michel à Jeanne.

Jeanne grandit. Toutes ces voix se sont calmées. Jusqu'au jour où une nouvelle fois :

" Jeanne, Jeanne, Fille de Dieu, il faut que tu quittes ton village et que tu ailles en France. Vois la pitié qui est au royaume de France. Prends l'étendard de par le Roi du Ciel... Dieu t'aidera. » Lui dit à nouveau Saint-Michel.

Saint michel 1

L'appel se renouvelle deux ou trois fois chaque semaine, et maintenant, Sainte Catherine et Sainte Marguerite aussi la poussent à aller au secours du roi de France, tant le royaume de France est en grande pitié. 

" Mais je suis une pauvre femme et je ne sais ni chevaucher ni faire la guerre. "

Alors, Jeanne décide de demander à son oncle de demeurer quelque temps chez lui.

" Chère Isabelle (mère de Jeanne), ta nièce va avoir un bébé, et j'ai besoin de l'aide de Jeanne. "

Et c'est ainsi que Jeanne dit "Adieu" à sa famille et à ses amis.

Au bout de huit jours, elle lui demande d'aller à Vaucouleurs, et il l'y conduit.

" N'avez-vous pas entendu cette prophétie que la France par une femme serait détruite (Isabelle de Bavière sans doute) et par une pucelle des marches de Lorraine serait sauvée ? "

A peine arrivée à la ville de Vaucouleur, Jeanne reconnaît Robert de Baudricourt, alors qu'elle ne l'a jamais vu. C'est sa Voix qui lui dit qui il est.

" Messire, la Voix me dit d'aller en France, auprès du dauphin, pour l'aider à mettre les Anglais hors de France. "

Mais par deux fois, il refuse de la prendre au sérieux.

" Il ne se soucie pas de moi et de ce que je lui dis. Cependant, avant la Mi-carême, il faut que je sois auprès du roi, même si je dois y perdre mes jambes jusqu'au genou. Car nul au monde, ni rois, ni ducs, ni fille du roi d'Ecosse, ou autres ne peut recouvrer le royaume de France. Il n'y a pour lui de secours que de moi, pourtant je préférerais filer auprès de ma mère, cette pauvre femme, mais il faut que j'agisse ainsi puisque mon seigneur le veut. " Dit Jeanne à Jean.

" Mais qui est ton seigneur ? "

" C'est Dieu. "

Alors Jean lui fait la promesse de la conduire vers le roi, avec son ami Bertrand. Jeanne attend la décision de Robert de Baudricourt. Pendant ce temps, elle substitue à sa robe rouge l'habit d'homme qu'on lui offre, ainsi que des chausses, des guêtres, et des éperons.

" Merci mes amis, et maintenant, je me taille les cheveux "en écuelle". Je veux obéir aux Voix que me disent : "Prends l'habit d'homme. " Dit Jeanne.

" Voici un cheval ; nous l'avons acheté pour toi. "  

Enfin, la troisième fois, Robert de Baudricourt reçoit Jeanne et met à son service une escorte pour l'accompagner à Chinon, en France, comme l'a dit sa Voix.

"  Vous qui accompagnez Jeanne, jurez de la conduire bien et sûrement. " Demande Robert aux hommes d'armes.

" Et maintenant, Jeanne, va, va, et advienne que pourra ! "

Nous sommes le 13 Février 1429, le lendemain de la défaite des Harengs.

ACTIVITE EDUCATIVE : CARTE DE FRANCE EN 1429

 

Tout ce qui est en rose appartenait à l'Angleterre

 

UN PEU D'HISTOIRE DE FRANCE

Histoire

Chapitre 2

Jeanne et ses compagnons prennent le chemin de France. Sur la route, elle les rassure. 

" N'ayez crainte, je suis robuste. Nous allons arriver à Chinon, croyez-en moi. " Leur dit Jeanne.

Le 23 Février, ils arrivent vers midi à Chinon. Après deux jours d'attente, Jeanne est enfin conduite à Charles VII par le Comte de Vendôme. Elle s'avance dans la salle où se trouve le roi. Trois cents chevaliers sont présents et le roi est mêlé à eux. Mais aussitôt, Jeanne le reconnaît et lui fait révérence.

" Dieu vous donne bonne vie, gentil roi. " Dit Jeanne

" Je ne suis pas le roi, dit-il, voilà le roi. " Et il lui désigne un des seigneurs.

" Au nom de Dieu, gentil prince, vous l'êtes, et non un autre. " 

" Qui es-tu ? " Demande alors le roi à Jeanne.

" Gentil dauphn, je m'appelle Jeanne et le roi des cieux vous prévient, par mon intermédiaire, que vous serez sauvé et couronné à Reims. " 

Après plusieurs questions, le roi finalement déclare aux assistants :

" Jeanne m'a dit certains secrets que personne ne connaît où ne peut savoir, si ce n'est Dieu. "

En effet, Jeanne confie avoir reçu la révélation de la prière du dauphin : " Si je suis vrai héritier descendant de la noble maison de France et si le royaume doit m'appartenir, Dieu tout-puissant permettez-moi de reconquérir mon royaume. "

Jeanne a convaincu le roi, mais il veut que sa décision soit sûre, et il demande l'avis de plusieurs théologiens.

" Je sais bien que vous êtes envoyés pour m'interroger. Je ne sais ni A ni B. Je ne suis pas venue à Poitiers pour faire des signes grandioses, mais conduisez-moi à Orlénas, et là je vous montrerai les signes pour lesquels je suis envoyée. D'abord, les Anglais seront en défaite, le siège d'Orléans sera levé, la ville d'Orléans sera délivrée des Anglais. Ensuite, le roi sera couronné à Reims et enfin, la ville de Paris sera sous l'obéissance du roi. En mon nom, les gens d'armes batailleront et Dieu donnera la victoire."

On la questionne pour l'embarrasser : " Quelle langue parlait la Voix ? "

" Meilleure que la vôtre. " Répond Jeanne.

En effet, la personne est de la région du Limousin.

Finalement, les théologiens, réunis à Poitiers, donnent un avis favorable aux projets de Jeanne. " Il ne faut pas repousser par incrédulité le service divin qui se présente avec une clarté si admirable. " Dit un docteur en théologie.

Alors, Jeanne, dès le 22 Mars, dicte une lettre aux Anglais pour leur demander d'abandonner la France :

" Je viens de par Dieu pour réclamer le sang royal. Je suis prête à faire la paix si vous voulez accepter d'abandonner la France... Et vous tous, compagnons de guerre, gentils hommes qui avez pris possession d'Orléans, retournez dans votre pays. Sinon, je vous en chasserai avec de bien grands dommages. C'est le roi Charles, le véritable héritier du Royaume de France, car Dieu le veut, et cela se fera par Celle qui vous le demande. "

Le 24 Mars, Jeanne retourne à Chinon. Au début d'avril, on la conduit à Tours, et on l'équipe d'une armure et à sa demande, le roi envoie chercher une épée à Sainte-Catherine de Fierbois.

" J'ai une épée qu'on m'a donnée à Vaucouleurs, mais mes Voix m'ont révélé l'existence d'une autre, enterrée derrière l'autel de la Chapelle de Sainte-Catherine-de-Fierbois et reconnaissable à cinq croix gravées sur la lame. "  

Un forgeron de Tours va la chercher. Les prêtres de Fierbois font don d'un fourreau, et les habitants de Tours d'un autre. On fait donc faire deux fourreaux, l'un de velours vermeil, et l'autre de drap d'or. Et Jeanne en fait faire un troisième de cuir solide.

Alors Jeanne demande qu'on lui fasse un fanion sur lequel est peint la scène de l'Annonciation, en un étendard.

" Je le veux de couleur blanche avec en fond peinte l’image de notre Sauveur assis en jugement dans les nuées du ciel et un ange tenant une fleur de lys . Jhesus Maria y sera inscrit. Sainte Catherine et Sainte Marguerite me demandent de le peindre de cette façon et de la porter hardiment, sans oublier de peindre le Roi du ciel. " Expplique Jeanne.

 UN PEU D'HISTOIRE DE FRANCE  

5. Jeanne a demandé une épée que ____?____ lui avaient dit se trouverait derrière l'hôtel de la Chapelle de Ste-Catherine-de-Fierbois

a- ses soldats

b- les prêtres

c- ses voix

 

ACTIVITE MANUELLE : LES ARMOIRIES DE JEANNE

Armoirie

D'après le modèle, imprime et dessine les armoiries de Jeanne, composées d'une couronne,

de 2 fleurs de Lys et de son épée, avec les couleurs que tu aimes.

 

Détente : Chant et musique médiévals, au Moyen-Age.

 Chapitre 3

Jeanne enfin se rend à Orléans, en passant par Blois avec l'armée. Elle est en tête du cortège, avec son étendard.

" Nous allons aborder Orléans par la rive gauche, en traversant la Sologne. " Ordonne Jeanne. Mais Jean d'Orléans et les chefs de l'armée s'oppose à sa demande.

" En mon Dieu, le conseil du Seigneur est plus sûr que le vôtre... Vous vous trompez ! Je vous apporte le secours du Roi des Cieux. " Reproche Jeanne à Jean d'Orléans.

" Entre par la porte de Bourgogne, du côté de la  bastille Saint-Loup, en soirée. " Lui propose alors Jean d'Orléans.

Quel accueil ! A la lueur des torches, les habitants d'Orléans la suivent jusqu'à la Cathédrale. Cette fois, Jeanne s'impose aux capitaines de l'armée du roi.

" Ce sont nous les chefs. Toi, Jeanne, tu es une jeune fille sans expérience de la guerre. Reste à ta place, ne te mêle pas de la bataille que nous sommes plus capables que toi de conduire. "

" Vous avez appris de vos chefs, vos conseils, mais j'ai aussi mon conseil. Et croyez que le conseil de mon Seigneur s'accomplira, alors que le vôtre risque de perdre. " Dit Jeanne sûre d'elle.

" Que tous les soldats qui me font confiance se joignent à moi. N'ayez pas peur. Vous ferez lever le siège de la ville. "

Le 4 Mai, Jeanne chasse l'ennemi Anglais de la bastille Saint-Loup. Le 5 Mai, elle adresse une nouvelle sommation aux Anglais, qu'elle envoie par une flèche.

" Je vous ordonne, au nom du Roi du Ciel, de laisser vos forteresses et de retourner dans vos pays. "

Et c'est la plus difficile des besognes qu'elle n'ait jamais eu à faire. En effet, la ville d'Orléans est ceinturée de bastilles par les Anglais. C'est contre ces bastilles que Jeanne dirige ses batailles. Elle oblige l'ennemi à s'enfermer dans ces bastilles, et les assiégeants deviennent à leur tour assiégés. Elle montre l'exemple, et entraîne à sa suite toute l'armée française. L'attaque de la dernière bastille, le fort des Tourelles, commence le samedi 7 Mai au petit matin.

" Mettez l'échelle en haut, contre la bastille, je veux y monter la première. " Ordonne Jeanne.

Et soudain, une flèche d'arbalète lui pénètre le coup. Jeanne est blessée à l'épaule, elle tombe. Les assaillants français sont épuisés et le Comte d'Orléans veut battre en retraite.

Alors, Jeanne qui s'est retirée à l'écart pour se reposer, voit ce qui se passe. Elle agite sa bannière, et donne un ultime assaut. Elle s'écrie :

" Oh ! Mon étendard, mon étendard ! " Elle le brandit, ses gens la rallient et assaillent l'ennemi ; la bastille est prise et les Français entrent dans la ville par le mont. Le lendemain, l'armée anglaise lève le siège et se retire. 

Orléans est délivré ! Jeanne fait une entrée triomphale dans la ville. C'est la joie dans les coeurs, et tous les habitants, les soldats rendent hommage à Jeanne.

Jeanne d'Arc, libératrice de la France

 ACTIVITE MANUELLE : CHATEAU DE CARTES

Chateau

Jeanne ce soir, se repose et écoute des danses médiévales. Celle-ci s'appelle La danse à la licorne. 

 

 Chapitre 4

Jeanne au couronnement 2

Jeanne quitte Orléans avec Jean d'Orléans.

" Conduisez-moi auprès du roi. Il lui faut venir au plus tôt à Reims pour recevoir sa digne couronne. " Ordonne Jeanne.

" Noble dauphin, pourquoi tant d'indifférence, d'inertie. Nous sommes vainqueurs. Préparez-vous à recevoir votre couronne de roi. " 

Jeanne ne comprend pas ce qui se passe dans la tête du dauphin. Alors, elle entend une Voix lui dire : " Fille de Dieu, va, va, va ! Je serai à ton aide, va ! "

Alors Jeanne décide de continuer à chasser les Anglais du pays de Loire. L'armée maintenant grandit, grâce à de nombreux volontaires qui rejoignent les troupes du roi.

Elle attaque les faubourgs encore sous la domination de l'ennemi, et s'écrie :

" Ne craignez pas le nombre des Anglais, car Dieu est avec moi, et c'est Lui qui nous conduit. N'hésitez pas ! L'heure est prête quand il plaît à Dieu. Travaillez, et Dieu travaillera. "

Elle prend son étendard, grimpe sur une échelle, mais reçoit une pierre qui se brise sur son casque

. Elle se relève, et s'écrie :

" Amis ! Amis ! Amis ! Sus ! Sus ! A cette heure, les Anglais sont à nous ! "

Et la ville de Jargeau est enlevée à l'armée anglaise. Ensuite, ce sera la prise du pont de Meung, de la ville de Beaugency.

Le 18 juin 1429, six semaines après avoir délivré Orléans, les troupes du roi Charles VII, se heurtent à l'armée anglaise à Patay, à 25 kilomètres au nord-ouest d'Orléans.

Elles remportent une victoire totale sous le commandement du connétable Arthur de Richemont et de Jeanne d'Arc, avec l'appui des Écossais de l'«Auld Alliance», commandés par Patrick Ogilvy. L'un des généraux anglais, John Talbot, est capturé. L'autre, Sir John Fastolf, s'enfuit. 

C'est le premier succès des Français dans une bataille rangée, depuis leur défaite écrasante d'Azincourt (1415).

" Je suis sûre de la victoire. Le gentil roi a aujourd'hui la plus grande victoire qu'il puisse avoir. " Dit Jeanne.

ACTIVITE MANUELLE : VITRAIL DE MOYEN-AGE

 

VitrailVitrail1

 

Chapitre 5

 

Le dauphin, malgré les victoires emportées par Jeanne et ses troupes, reste en retrait. Jeanne forte de son prestige, obtient enfin l'acceptation du dauphin à son couronnement. La campagne du sacre est décidée. Alors Jeanne, toute à sa joie, demande au peuple de France :

" Français, je vous en prie, soyez prêts à venir au sacre du gentil roi Charles à Reims. "

Mais à Troyes, Charles hésite encore. Alors Jeanne déclare :

" Avant trois jours, je vous ferai entrer dans Troyes de bon gré ou par la force. "

Alors elle demande aux bourgeois de venir acclamer le roi Charles. Elle sait que la ville est occupée par une forte garnison anglo-bourguignonne, qui divise les bourgeois. Le dauphin hésite à prendre le siège de la ville. Jeanne alors se présente :

" Gentil dauphin, ordonnez à vos troupes d'assiéger la ville sans continuer dans de longues délibérations, car au nom de Dieu, avant trois jours, je vous ferai entrer dans cette cité par amour ou par puissance ou force. "

Aussitôt, elle dispose les troupes pour assaillir la ville. Les bourgeois prennent peur, et acceptent un compromis ; l'amnistie est accordée. Alors, le 9 Juillet, le roi entre dans la ville. et il continue sa route jusqu'à Châlons-sur-Marne et Reims, où les notables lui remettent les clefs de leur ville.

Et le 17 Juillet, Charles est sacré à la cathédrale de Reims. Jeanne est présente, l'étendard à la main.

" Il a été porté à la peine, c'est bien aussi qu'il soit à l'honneur. " Dit Jeanne.

Le roi se prosterne ; on lui remet la couronne et le sceptre, et il est armé roi chevalier.

" Le désir de Dieu est enfin exécuté. Il voulait que je lève le siège d'Orléans et que je vous amène à Reims pour y être sacré roi et que vous preniez possession de ce royaume de France qui vous appartient maintenant. " Dit Jeanne, toute émue.

Jeanne aussi est célébrée à Reims ; son père, son oncle sont présents et quelques habitants de Domrémy. Deux de ses frères, Jean et Pierre, l'ont rejointe déjà depuis Orléans. Et de grandes festivités ont lieu en ce grand jour.

Jeanne quitte Reims, accompagnée du roi, Charles VII

  

 

ACTIVITE MANUELLE 

Arquerque1

Alquerque2

Chapitre 6

Dans la foulée du sacre, Jeanne tente de convaincre le roi de reprendre Paris aux Bourguignons, mais il hésite.

" Jeanne, si nous voulons reconquérir Paris, nous devons inévitablement nous raccommoder avec les Bourguignons. " Dit Charles VII

" Ce sont eux qui nous ont dominé à Domrémy. Ils ne vous soutiennent pas, mais au contraire, veulent votre perte. Ces trèves vous empêchent de récupérer Paris. Je ne suis pas satisfaite de vos pourparlers, et ne peux vous promettre de m'y soumettre. Paris vous revient de droit, et je m'y emploierai. "  

Une attaque est menée par Jeanne sur Paris (Porte St-Honoré), mais doit être rapidement abandonnée. Jeanne est blessée à la cuisse, mais sa blessure est guérie en cinq jours. Le Roi finit par interdire tout nouvel assaut : l’argent et les vivres manquent et la discorde règne au sein de son conseil. C’est une retraite forcée vers la Loire, l’armée est dissoute.

Jeanne repart néanmoins en campagne : désormais elle conduit sa propre troupe et donc rien ne la distingue des chefs de guerres indépendants, elle ne représente plus le roi. Ses troupes lutteront contre des capitaines locaux, comme Perrinet Gressart, sans beaucoup de succès. Jeanne est alors conviée à rester dans le château de la Trémouille à Sully-sur-Loire. Elle s'échappera rapidement de sa prison dorée, pour répondre à l'aide de Compiègne, assiégée par les Bourguignons.

" Que se passe-t-il ? Pourquoi le roi me délaisse, et son armée ? Pourtant, s'il est sur le trône de France, c'est parce que je l'y ai mené. " S'inquiète Jeanne.

" Tant pis, je poursuis ma tâche, avec votre aide à tous, même si nous rencontrons des échecs. Mes Voix, Sainte Catherine et Sainte Marguerite, me disent que je serai prise avant deux mois. Il me faut accepter tout ce qui va m'arriver, Dieu m'aidera. " Explique Jeanne qui connaît sa destinée.

" Allons libérer Compiègne, propose Jeanne. Nous lancerons l'assaut en soirée. "

Mais le gouverneur de Compiègne donne l'ordre de lever le pont et de fermer la porte. Jeanne est désarçonnée, son cheval reçoit une flèche. Elle tombe à terre.

Elle y est capturée, ainsi que son écuyer et son frère, Jacques. C'est ainsi que Jeanne, aux portes même de la ville qu'elle veut défendre, Compiègne, est abandonnée de ceux qu'elle est venue sauver.

" Mes amis, mes chers amis, je vous le dis, je serai bientôt livrée à la mort. Priez pour moi, je vous en supplie, priez Dieu pour moi. "

ACTIVITE MANUELLE : MOTS FLECHES DU MOYEN AGE

Mots 2

 

Peut-être Jeanne trouve un peu de temps dans sa prison pour se détendre !

Seule maintenant, Jeanne revoit sa vie en tant que "chevalier" du Roi. Comme elle, regardons ce qu'elle vient de vivre.

 

 

Chapitre 7

La capture de Jeanne cause la désolation partout où le peuple de France croit à sa mission. Mais l'Université de Paris est sous l'autorité des Anglais, et demande que Jeanne comparaisse devant le tribunal de la Sainte Inquisition.

" Pourquoi suis-je soupçonnée de plusieurs crimes graves contre la religion chrétienne ? " Demande la prisonnière. C'est une manière très vile de ruiner la cause du Roi de France, Charles VII. "

" Tu seras jugée par l'évêque de Beauvais, Pierre Cauchon. Tu fais partie de sa juridiction spirituelle puisque tu as été capturée sur son diocèse, la rive droite de l'Oise dont Compiègne fait partie maintenant. "

" Nous te transférons au château de Beaulieu-lès-Fontaines, et après tu seras emmenée à Noyon. Mais c'est à Rouen que tu seras jugée. "

Jeanne essaie de s'évader de Beaulieu-les-Fontaines, sans succès. Elle est maintenant enfermée à Beaurevoir, et saute de la tour où elle est emprisonnée. Pourtant :

" Ne saute pas, disent ses Voix à Jeanne. Garde confiance. "

" Mais je sais que je viens d'être vendue aux Anglais, et je préfère mourir plutôt que d'être entre les mains des Anglais. "

En effet, Cauchon prévoit le rachat de Jeanne. Une somme de dix mille couronnes est donnée par le Roi d'Angleterre en guise de rançon. Et l'évêque se rend alors auprès de Philippe le Bon ; il lui remet l'ordre de lui livrer Jeanne.

Jeanne arrive à Rouen le 23 Décembre ; elle est enfermée dans une tour du château de Bouvreuil, et surveillée par trois hommes de guerre, et doit résister à des violences.

Château de Rouen à l'époque de Jeanne d'Arc. 

" Heureusement, mon habit d'homme me protège de ces mécréants. " Soupire Jeanne, seule au milieu d'hommes grossiers, méprisants, violents.

Son procès démarre en Février 1431, mais sans aucun motif d'accusation. Jeanne ne doit donc être condamnée que sur ses propres paroles. Elle n’a pas d’avocat. Elle doit se défendre seule et elle se défend bien, sans jamais se contredire, du début jusqu’à la fin. 

Ses juges essaient de l'intimider :

"- Quel aspect avait saint Michel, quand il vous apparut ? (…) Etait-il nu ?

- Pensez-vous que Dieu n’ait pas de quoi le vêtir ?

- Avait-il des cheveux ?

- Pourquoi les lui aurait-on coupés ? (…)

- Avait-il une balance ?

- Je n’en sais rien (…) J’ai grande joie quand je le vois… "

Quels sont donc les motifs de sa condamnation ? Ce sont 70 articles mensongers qui contredisent Jeanne. On lui lisant ces articles pour la prendre en défaut mais elle résiste.

" Vous dites que vous êtes mon juge, faites bien attention à ce que vous faites, car en vérité, je suis envoyée de par Dieu, et vous vous mettez en grand danger, et je vous préviens. " Dit Jeanne à l'Evêque Cauchon.

 

ACTIVITE MANUELLE : JEU DE QUILLES

Quilles1

Quilles2

 

Quilles3

1 - Imprimer le chevalier modèle 8 fois sur une feuille 21x29,7 cm

2 - Le colorier 2 fois de la même couleur

3 - Prendre 8 bouteilles de lait vide, les rincer, et les remplir d'eau ou de sable. 

4 - Assembler la feuille coloriée ou peinte avec de scotch transparent

5 - Dispose tes bouteilles les unes à côté des autres, et avec une balle de tennis, tu joues à les renverser. Que le meilleur gagne.

 

Jeanne pendant sa captivité, pense au Roi Charles VII, à son couronnement à la Cathédrale de Reims, et à la beauté de ce monument. 

 

 

 

Chapitre 

Ses juges essaient ensuite de l’impressionner en lui montrant le bourreau et la chambre de torture. C'est en pure perte : " Vraiment, déclare Jeanne, si vous deviez me faire arracher les membres et faire partir l’âme du corps, je ne vous dirai autre chose ; et si je vous en disais quelque chose, après je dirai toujours que vous me l’auriez fait dire par force. "

Elle répond sans l'assistance d'un conseil, malgré la fatigue, l'épuisement, avec une sûreté, une mémoire sûre, infaillible, un bon sens, une présence d'esprit.

" Je suis toujours conseillée dans mes réponses par mes Voix qui me demandent de répondre hardiment. Je suis prête à jurer de dire la vérité sur tout ce que je saurai et qui concerne le procès, mais pour ce qui ne regarde en rien le procès, je n'ai rien à vous dire. "

" Je ne dis que ce que mes Voix m'autorisent à dire. Et je vous dis ceci : je sais que mon roi regagnera le royaume. Je le sais aussi sûrement que je vous vois assis devant moi. Il n'est pas de jour où je n'entende les Voix, et heureusement, car j'en ai grand besoin. "

" Es-tu sûre que ce que tu entends vient bien de Dieu et non de Satan ? " Lui rétorquent ses juges.

" La Voix est belle, souvent humble. Elle parle Français. Au devant de la Voix vient la lumière. Il ne se passe pas un jour sans que la Voix vienne au chateau, et avec beaucoup de lumière. "

" Alors, précise-nous la forme, l'aspect de tes Voix. " Lui demande ses juges.

" J'ai vu Saint-Michel et les saintes, je les ai vus de mes yeux. Je crois que ce sont vraiment eux. Saint-Michel ne porte pas de couronne. Quant à son vêtement, je n'en sais rien. "

" Etait-il donc nu ? " Interroge les juges.

" Pensez-vous que Dieu n'ait pas de quoi le vêtir ? "

L'accusation de ses juges est de plus en plus forte. On lui demande si elle se croit en "état de grâce".

" Si je n'y suis, Dieu veuille m'y mettre, et, si j'y suis, Dieu veuille m'y tenir.

Et on la questionne, jour après jour, constamment, à propos de tout, de son enfance, de son étendard. Et toujours, Jeanne explique :

" Je portais mon étendard tel que les Voix me l'ont demandé, pour obéir à Dieu. "

Les interrogatoires continuent maintenant sur un autre sujet : celui de l'habit d'homme que Jeanne doit abandonner pour l'habit de femme.

"Je sais bien pourquoi j'ai pris l'habit d'homme, mais je ne sais pas de quelle manière je dois le laisser. "

 

 

ACTIVITE MANUELLE : JEU DU LABYRINTHE

Labyrinthe

Quel chemin doit prendre Jeanne pour retrouver son cheval ?

 

Chapitre 9

Il reste maintenant un seul argument : l’habit d’homme interdit par l'Eglise. Jeanne es

t gardée dans sa prison par trois soldats anglais, elle porte des fers aux pieds et la nuit, sa chaîne est attachée à une lourde poutre de bois, ce qui fait de cet habit une protection pour elle. Mais Cauchon monte une mise en scène. Il fait comparaître Jeanne dans le cimetière de Saint-Ouen devant ses juges.

" Jure d'obéir à l'Eglise, renonce à tes erreurs, et signe une lettre où tu dois renier tes voix. Si tu refuses, tu es condamnée, mais si tu te soumets, si tu promets de répondre au pape et de revêtir un habit de femme, alors tu es sauvée. " Lui promet le traite Cauchon.

Alors, Jeanne appose une simple croix dans un rond. Elle sait signer de son nom. Mais elle sait aussi qu'en code militaire, ce signe signifie que l’ordre ne devait pas être exécuté. Cauchon prononce alors une sentence qui la condamne à la prison perpétuelle.

Mais au lieu de l'incarcérer dans une prison d'église, on la reconduit dans la celle qu'elle occupe au château, la laissant aux mains des Anglais. Jeanne revêt l’habit féminin. Mais ses gardes, la nuit, lui dérobent ses nouveaux vêtements et ne lui laissent que les anciens. Cauchon constate la situation et trouve ce prétexte pour l’accuser de retourner dans ses erreurs.

" Pourquoi ne m'avez-vous pas mise dans une prison d'Eglise, comme cela doit être ? Ici, je suis violemment molestée et battue, et mes gardes m'empêchent de me vêtir en femme. "

 

Alors, Cauchon demande aux prêtres de la ville et du diocèse de Rouen de traduire à nouveau Jeanne devant un tribunal.

" Elle persévère dans les erreurs qu'elle a reniées, elle doit être condamnée et excommuniée. " Demande Cauchon.

Et c'est alors la condamnation précipitée de Jeanne au bûcher.

" Je sais bien que ces Anglais me feront mourir, parce qu’ils croient, après ma mort, gagner le royaume de France. Mais seraient-ils cent mille Godons de plus qu’ils ne sont à présent, ils n’auront pas le royaume. "

Le 30 mai 1431 à neuf heures, Jeanne est conduite au Vieux Marché, place de la ville, vêtue d'un habit de femme, sur une charrette et escortée de soldats. On l'installe sur un échafaud de plâtre que l'on a dressé. Jeanne repète :

 

" Rouen, est-ce donc ici que je dois mourir ? "

Pierre Cauchon lit alors la sentence : " Jeanne est tombée en diverses erreurs et crimes d'idôlatrie et d'invocations de démons. Après avoir renié ses crimes contre l'Eglise catholique, elle s'est rendue coupable des mêmes excès. Nous, Représentants de l'Eglise, nous t'abandonnons. "

Jeanne monte sur le bûcher où se dresse un poteau sur lequel est inscrit : " menteuse, pernicieuse, abuseresse du peuple, devineresse, superstitieuse, blasphématrice de Dieu, vanteresse, idôlatre, cruelle... invocatrice de diableries, apostate, schismatique et hérétique. " On l'y attache.

" S'il vous plait, apportez-moi la croix, que je puisse la voir jusqu'à ce que je meurs. " Supplie Jeanne.

On allume les fagots, les flammes montent, elle déclare alors solennellement :

" Non, je ne suis pas hérétique. Mes Voix étaient de Dieu. Tout ce que j'ai fait, c'est le commandement de Dieu. Les révélations que j'ai faites étaient de Dieu. "

" Une fois dans le feu, elle crie plus de six fois : Jésus ! Et surtout en son dernier souffle, elle crie d’une voix forte : Jésus ! Au point que tous les assistants peuvent l’entendre ; presque tous pleurent de pitié. "

Le sens profond de la vie de Jeanne s’exprime ainsi dans ses derniers instants.

" Aide-toi, Dieu t'aidera. " Telles furent les paroles de Jeanne à ceux qui croyaient en elle.

 

 

 ACTIVITE MANUELLE : ENLUMINURE DE LA LETTRINE J

Enluminure

Au moyen-âge, les livres étaient écrits avec des enluminures. L'enluminure est une peinture ou un dessin exécuté à la main,

qui décore ou illustre un texte, la plupart du temps un manuscrit. 

Choisir un papier à lettre de haute qualité, un peu épais, soit blanc, soit bis ou légèrement teinté.

Imprimer la lettre ci-dessous

Tracer les contours à l'encre de couleur ; peindre au pinceau les fleurs, feuilles, Jeanne, le paon, l'intérieur de la lettre J.

Mettre tout autour du papier à lettre les feuilles comme enluminures pour terminer la lettre manuscrite.

La mettre sous-verre ou dans un beau cadre.

 

Chapitre 10

Jeanne, au 30 Mai 1431, n'a pas accompli complètement sa mission. Charles VII n'a pas reconquis la capitale du royaume. L'alliance anglo-bourguignonne subsiste toujours, mais les évènements qui se succèdent lui donne finalement raison. Elle a dit :

" De l'amour ou haine que Dieu a aux Anglais ou que Dieu fera à leurs âmes, je n'en sais rien. Mais je sais bien qu'ils seront rejetés hors de France, sauf ceux qui y mourront. Et Dieu enverra victoire aux Français.

Après bien des tentatives de rapprochement franco-bourguignon, l'armée de Charles VII fait son entrée à Paris le 13 Août 1436. La lutte se poursuivra dix huit ans encore entre les rois de France et l'Angleterre.

Charles VII a peu agi pour sauver Jeanne des Anglais. Il ne pouvait pas intervenir directement du fait que la condamnation de Jeanne était basée sur des accusations de suppôt du démon. Mais il sait que c'est grâce à Jeanne qu'il est sacré Roi de France et qu'il a commencé la reconquête du Royaume de France. Il vient à Rouen le 10 Novembre 1449, et demande de recueillir des témoignages sur la manière dont le procès de condamnation a été mené. Il questionne et a confirmation des irrégularités de la procédure. 

Il fait entreprendre un nouveau procès pour annuler cette condamnation et très vite, le 7 Juillet 1455, une sentence d'annulation de la condamnation est rendue. Jeanne est réhabilitée.

La guerre a duré plus de cent ans. Elle se termine à Castillon le 20 Juillet 1453. Le 17 Octobre, Bordeaux se rend, et les Anglais renoncent définitivement à l'Aquitaine. Les Anglais quittent enfin la France.

 

 

 

écoute mes histoires